Ma fille de 3 ans est en petite section. Tous les jours , la maîtresse mets de la solution hydroalcoolique sur les mains de tous les élèves avant d’aller à la cantine. Étant sensible depuis mes grossesses à l’impact des produits chimiques, savez-vous où trouver des documents prouvant que cette pratique est déconseillée pour les petits ?

Avant même de se poser la question de l’impact sanitaire (et environnemental) du produit, il faut se questionner sur son utilisation / utilité : Malgré leur propriété antiseptique, les solutions hydro-alcooliques n’ont pas de propriété nettoyante. Autrement dit, si les mains sont désinfectées, elles ne sont pas pour autant débarrassées de leur saleté lors de l’utilisation de solution hydro-alcoolique contrairement au savon classique.

En 2010, le Comité de coordination de toxicovigilance a publié les résultats d’une étude (Produits hydro-alcooliques destinés à l’usage cutané: étude rétrospective des cas d’intoxications recensés dans les CAPTV en 2009, septembre 2010.) qui a révélé que, parmi les 1 105 cas d’exposition survenus durant l’année 2009, 263 ont présenté des symptômes comme des irritations, un état de somnolence ou d’agitation et même d’ébriété chez des enfants. Dans 65 % des cas, le gel avait été ingéré, et dans 35 % des cas, il avait été en contact avec les yeux. Cette étude a également mis en évidence la dangerosité de ces produits pour les plus jeunes car plus de 50 % des personnes souffrant de ces symptômes étaient âgées de moins de quatre ans.

Attention donc aux mauvaises conditions d’utilisation de ces gels.

Concernant les impacts sanitaires, il faut connaitre la composition de la solution hydro-alcoolique (la liste des ingrédients est obligatoirement indiqué sur l’étiquette) La substance dont l’impact est le plus documentée est le triclosan ou trilitol (parfois indiqué TRC) mais les données scientifiques restent encore limitées :

  • Une étude menée par des toxicologues de l’Université de Californie – Davis aux USA a montré que le triclosan, peut avoir des effets délétères sur les fonctions musculaires, et notamment celles du cœur (Cherednichenko G, Zhang R, Bannister RA, Timofeyev V, Li N, Fritsch EB, Feng W, Barrientos GC, Schebb NH, Hammock BD, Beam KG, Chiamvimonvat N,Pessah IN., Triclosan impairs excitation-contraction coupling and Ca2+ dynamics in striated muscle. Proc Natl Acad Sci U S A. 2012 Aug 13.)
  • Une étude norvégienne a démontré que l’exposition à cet antibactérien entrainerait une augmentation du risque d’allergie. Les chercheurs ont analysé 623 échantillons d’urine d’enfants. Ils ont alors constaté qu’environ 50% des enfants norvégiens présentent des niveaux détectables de triclosan contre 80% des enfants américains, correspondant à un niveau d’exposition comparable entre les enfants. Par ailleurs, l’analyse a montré que les niveaux de triclosan mesurés dans l’urine sont associés à des taux élevés d’immunoglobuline E (IgE) et au développement de la rhinite chronique (nez bouché/rhume des foins) chez des enfants âgés de 10 ans. (Bertelsen RJ, Longnecker MP, Løvik M, Calafat AM, Carlsen KH, London SJ, Lødrup Carlsen KC., Triclosan exposure and allergic sensitization in Norwegian children. Allergy. 2012 Nov 12. doi: 10.1111/all.12058.)
  • Le triclosan est également soupçonné d’être un perturbateur endocrinien et a également des impacts négatif sur l’environnement

Pour en savoir plus, consulter le dossier de l’ASEF sur le triclosan

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J’entends de nombreuses information dans les média sur le bisphénol A, est-il interdit ? Où en est-on ? Quels sont les conseils et informations à relayer aux patientes ?

Le Bisphénol A (BPA) est un composé organique qui fait partie de la famille des composés organiques aromatiques. L’industrie du plastique s’est saisit de cette substance dans les années 1960. Le BPA est aujourd’hui principalement utilisé comme monomère du polycarbonate (CD, lunettes, bouteilles plastiques, biberons…), additif dans les résines epoxy (boites de conserve), et additif dans la fabrication de papiers thermosensibles (tickets de caisse).
Les effets délétères sur la santé du BPA ne semblent aujourd’hui plus à démontrer : effets sur la reproduction (INSERM – 2013), effets sur l’obésité et le diabète (ENS Lyon et Université de Lyon – 2014), altération de l’émail des dents (INSERM – 2013), intolérance alimentaire (INRA – 2014), etc. La synthèse des résultats de plusieurs centaines d’études a poussé l’ANSES et le gouvernement français à interdire l’utilisation du BPA dans les biberons et les produits alimentaires destinés aux moins de 3 ans.

Pour en savoir plus, télécharger la note réalisée par l’équipe du projet FEES

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