Présentation

Les femmes enceintes représentent une population particulièrement sensible et fragile face à la pollution environnementale. En effet, les scientifiques et l’état actuel des recherches s’accordent à dire que la santé de l’enfant à naître se joue beaucoup pendant la grossesse et durant les 1 000 premiers jours de vie. Les polluants environnementaux (notamment les substances Cancérigènes Mutagènes Reprotoxiques et les perturbateurs endocriniens) peuvent agir directement sur le développement du fœtus et parfois générer des implications sur les générations futures.

Plus concrètement, la future maman est exposée à des centaines de substances chimiques lors de sa grossesse (fumée de tabac, monoxyde de carbone, pesticides, éthers de glycols, bisphénols, phtalates, aldéhydes…).Les informations reçues par les futurs parents durant la grossesse proviennent des professionnels qui les suivent durant cette période, mais aussi par d’autres vecteurs comme les médias ou l’entourage qui peuvent parfois diffuser des messages ou conseils qui peuvent apparaître contradictoires, et ce d’autant plus dans un contexte d’incertitudes scientifiques dans certains domaines. Ces messages, axés principalement sur les facteurs de risques, peuvent provoquer chez eux un sentiment d’anxiété.

Face à ce contexte, la Mutualité Française et l’Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique ont souhaité se mobiliser autour d’un projet innovant : le projet FEES : Femmes Enceintes, Environnement et Santé.

Objectif général

Diminuer l’exposition des femmes enceintes et de leur fœtus aux polluants environnementaux, en priorité, ceux présents dans l’air intérieur et extérieur, l’alimentation et les cosmétiques.

Déploiement

Après avoir débuté en région Nord-Pas de Calais, en 2012, le projet a été étendu à de nouveaux territoires : l’Île de France, les régions Centre et Provence-Alpes Côte d’azur et dernièrement la région Grand-Est.

Evaluation

De 2015 à 2017, une évaluation à long terme du projet (financée par l’Agence Régionale de Santé Hauts-de-France et l’Institut national du cancer) a été réalisée à travers trois enquêtes : une première auprès de 55 professionnels de santé formés dans le cadre du projet, une deuxième auprès de 509 futurs et jeunes parents et une dernière auprès de 50 participants aux ateliers proposés aux futurs et jeunes parents par la Mutualité Française Hauts-de-France.

Il ressort de cette évaluation que les futurs et jeunes parents ont conscience du lien entre environnement et santé mais que leurs représentations sont plutôt axées sur l’air extérieur, et que leur sentiment d’information est mitigé. Les médias occupent une place importante dans leur information mais ne semblent pas suffisants pour conduire à un changement de comportement contrairement au conseil validé par un professionnel qui semble lui indispensable. L’évaluation confirme ainsi la place privilégiée des professionnels de santé dans la prévention en santé environnementale.

De plus, les stratégies mises en place par ces professionnels pour transmettre les conseils sont particulièrement cohérentes avec les valeurs de la promotion de la santé. Malgré ces résultats positifs, des limites persistent, notamment concernant des disparités dans les pratiques et dans les conseils transmis ou encore des difficultés à transmettre certains conseils auprès des publics les plus précaires. L’évaluation des ateliers a quant à elle permis de mettre en évidence une amélioration des connaissances et des pratiques des participants.

En conclusion, les objectifs ciblés par le projet sont atteints et des impacts positifs sont observés. Les limites mises en évidence ont permis une réflexion concernant le développement du projet et ont conduit à formuler des pistes d’actions dans un processus d’amélioration continue de la qualité de l’action : penser l’action à un niveau plus large que celui du changement de comportement individuel grâce à des actions sur les environnements, améliorer la prévention auprès des publics précaires et des 18-25 ans. Différentes pistes qui, à l’heure actuelle, ont déjà commencé à être mises en œuvre.